Mission humanitaire à Nayéga au Togo

Mission humanitaire à Nayéga au Togo

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Rotary Club Fleurus

Dans la savane africaine. Une mission humanitaire à Nayéga dans le nord du Togo.

Par André Lorsignol, membre du RC Fleurus, président Action internationale.

 

Soutien aux enfants victimes du sida et de l’extême pauvreté

 

C’est au Togo, dans la région des savanes que je me suis rendu avec ma fille Marie pour examiner la faisabilité d’un projet de développement intégré dans le canton de Nayéga. Le Rotary club de Fleurus, engagé depuis deux ans dans la lutte contre l’analphabétisme dans le canton de Nayéga, préfecture du Kpendjal, voulait pour cette région un projet plus ambitieux. Le club a en effet investi dans le soutien aux enfants défavorisés de 11 écoles, deux années de suite, leur offrant l’équipement indispensable sans lequel ils ne pouvaient être inscrits. Près de 300 enfants ont ainsi augmenté les effectifs ! Pouvions-nous faire mieux encore ?

 

Accueillis par le chef Thomakro et le député Sambiani

 

Nous arrivons à Lomé et sommes accueillis par le député Augustin Sambiani et le chef de canton de Nayéga, Thomakro. C’est ce dernier qui nous aidera à visiter Lomé avant de nous emmener en bus à Dapaong, petite ville du Nord située à plus de 600 km. C’est un voyage pénible qui nous attend dans un bus surchauffé. Il ne s’arrête que dans les villes quelques 10 minutes pour nous permettre d’étirer les jambes, de nous restaurer et surtout d’acheter de l’eau fraîche vendue en berlingots. A la tombée du soir, nous sommes contraints de loger à Dapaong à 35 km de notre destination, Nayéga.

 

Une foule en liesse à Nayéga. Merci au Rotary !

 

Sans voiture de location, après une journée de repos, nous décidons de prendre le lendemain un taxi pour Nayéga où la population, prévenue de notre arrivée, nous a préparé un accueil triomphal !

 

On sacrifie un coq

 

Nous arrivons au village et voyons la foule massée le long de la route. Une foule impressionnante chante et danse pour nous. Les chefs des villages et sous-chefs sont là aussi, certains en costume traditionnel. On sacrifie un coq à l’entrée du village symboliquement marquée d’une ligne blanche. Ce sont les libations ! Je regarde ma fille plus émue par les chants des enfants que par le sang répandu ! Les enfants chantent « Bienvenue à André et Marie, vous êtes venus, vous êtes ici et nous sommes venus pour vous accueillir ». Nous pénétrons alors dans la cour de l’école du centre où se massent les enfants, les parents d’élève, les autorités locales et régionales. Discours, danses se succèdent. Invités à nous joindre aux danseurs, nous acceptons. Cela déchaîne la foule qui hurle son plaisir. Il y a, me dit-on, 10.000 personnes. C’est fort exagéré mais il devait bien y en avoir 3000 ou 3500.

 

Radio  Savanes relaie l’événement

 

Ma fille est invitée à s’exprimer après moi. J’en profite pour dire encore que l’aide apportée vient de la générosité du club Rotarien de Fleurus. La radio n’a cessé de le dire toute la semaine ainsi que les bénéficiaires dans leurs discours. Nous nous rendons compte que notre arrivée a suscité bien des attentes ! Trop sans doute ! Mais nous promettons d’écouter tout le monde, au moins tous les groupes organisés. C’est ce que nous faisons le lendemain et les jours qui suivent.

 

Invités à la maison blanche

 

Nous logeons chez Thomakro, chef de canton. Il habite une soukala (habitation traditionnelle) peinte en blanc ! La seule de ce type dans la région. Elle est connue comme étant la maison blanche de l’illustre clan des Nahm-Tchougli dont l’oncle de Thomakro fut en son temps un chef éclairé, fondateur de l’école, créateur de barrages. Déjà conscient des problèmes d’environnement, il plantait des arbres en tout genre pour lutter contre le déboisement.  Son neveu se veut lui aussi « jeune chef pour le développement ». C’est lui qui m’avait demandé de l’aide pour les enfants les plus pauvres des écoles du canton.

 

Du vinyle au sol pour seul luxe

 

Bien que nous soyons chez un chef, sa maison ne diffère des autres que par la couleur et la lumière fournie par le petit groupe électrogène. Du vinyle recouvre le sol de nos chambres. Le chef est très fier de nous donner ce confort. Les lieux sont propres et bien entretenus, la cour balayée deux fois par jour. Pour nous cela reste assez rustique. Mais peu importe, nous sommes là pour l’amitié et pour servir.

 

Des bœufs et de l’engrais pour les groupements de femmes

 

Ma fille visitera alors différents villages afin d’y rencontrer les groupements de femmes. Elle marchera dans la savane pour présider de longues réunions et monter un projet de microcrédit pour booster les rendements. Il s’agit de mettre à disposition des différents groupes un attelage de deux bœufs avec le triangle aratoire et ses trois jeux de lames pour les différentes cultures. Il faudra aussi fournir les sacs d’engrais. Les bœufs expérimentés devront être vendus 5 ans plus tard. Leur valeur étant deux fois plus élevée que celle de jeunes bœufs inexpérimentés, ils devraient être échangés contre 4 jeunes. Le groupement peut ainsi rendre deux jeunes bœufs et en garder deux qui sont alors sa pleine propriété. Les engrais sont, quant à eux, normalement remboursés dès la première année. On peut alors aider un autre groupement pour le prix du triangle : un cadeau qui est repris au groupe s’il ne respecte pas le contrat. Marie a été formidable, de patience et de ténacité dans son écoute, de fermeté quand il le fallait. Elle a rencontré 19 groupements et probablement plus de 300 femmes !

 

Deux mille six cents élèves sans livres scolaires

 

Mais j’ai aussi travaillé. Je me suis consacré aux écoles dont j’ai fait le tour à moto (comme passager). C’est inconfortable vu l’état des pistes et parfois même très dangereux. J’ai écouté les maîtres, les directeurs, les comités de parents, l’inspecteur, les parents et les enfants, les souhaits et doléances de chacun y compris des chefs de village.  J’ai dressé la liste des besoins. J’ai laissé l’insigne du rotary sur les portes de chaque école. Rentré à la maison blanche, de nombreuses personnes venaient me voir pour faire part de leurs doléances ou simplement me remercier et me dire de remercier le Rotary Club de Fleurus. « Ne nous oubliez pas, aidez-nous à nous en sortir. Nous avons besoin de vous ».

 

Echange de fanion, visite au RC Dapaong

 

Une cérémonie de remise du fanion du club a permis de sceller l’amitié entre le club et la population du canton. J’ai également rencontré le club rotarien de Dapaong et assuré l’échange des fanions. Je l’ai remercié du suivi des opérations menées. C’est principalement le rotarien Pokanam qui se charge de cette mission. Il m’a invité chez lui et a également reçu  le fanion du club de Fleurus.

 

Une communauté villageoise s’éveille au développement en se structurant

 

Que d’émotions, de moments simplement partagés en soirée, de rencontres passionnantes avec des bénévoles au service de leur communauté : une communauté qui se structure sous l’impulsion bienveillante de son chef Thomakro. Oui l’Afrique peut se réveiller jusque dans les villages les plus reculés et les plus pauvres. Il se dit que Nayéga est le canton le plus pauvre du Togo ! Plus pour longtemps, grâce à sa population qui bouge et grâce au Rotary de Fleurus ! Grâce peut-être à vous aussi.

 

Quatre axes de développement

 

Et finalement 4 axes essentiels de développement ont été retenus (les deux premiers principalement dans une première phase) : l’éducation, le soutien aux organisations féminines pour l’amélioration des cultures vivrières par le microcrédit, la santé et l’eau. En ce qui concerne l’éducation, il s’agit essentiellement d’équiper en livres les maîtres et les élèves. Problème : il y a 11 écoles primaires dans le canton avec une population de près de 2.600 élèves. Un livre par matière pour 3 élèves et les livres nécessaires aux maîtres mènent à un budget de plus de 12000 euro. Et il faudrait tant d’autres choses encore ! Un micro projet pour 60 femmes revient à 1600 euro et nous voudrions en faire 10 ! Le rotary de Fleurus ne peut y arriver seul ! Alors une aide du district  voire d’Evanston ? Nous allons nous y atteler ! Mais d’ores et déjà je lance un appel à votre générosité.

 

André Lorsignol peut être contacté au 0475 59 14 47 par toute personne ou groupement qui souhaiterait soutenir le projet.

 

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